En route vers la Banque 2.0 ?

July 29th, 2010
Cet article a été initialement publié par Synaptic sur Webmarketing&Com le 22 juillet 2010

Tel le village d’Astérix, qui résiste victorieusement à l’envahisseur romain, le secteur bancaire continue globalement de faire preuve d’un remarquable immobilisme face aux nouveaux business modèles introduits par l’internet (fixe ou mobile) et par les médias sociaux.

Banque 2.0Il semblerait tout de même que sous l’influence grandissante de la génération Y les choses changent petit à petit et on commence à voir quelques évolutions significatives.

Rapide petit tour des tendances qui pointent et qui devraient à terme changer sensiblement la relation que le consommateur entretien avec sa banque.

1. Apporter plus de valeur ajoutée quel que soit le canal

Il est terminé le temps où, pour n’importe quelle opération, il était nécessaire de se rendre au guichet de l’institution bancaire. Tout d’abord, parce que les guichets disparaissent. Ils sont remplacés par des « open space » et autres « cafés » . Ensuite, la quasi totalité des opérations « simples » peut maintenant se faire à distance, via PC ou Smartphone.

Les distributeurs de billets (ATM/DAB) évoluent eux aussi et ne se contentent plus de distribuer du cash ou des extraits de compte. Les plus avancés permettent de recharger les cartes téléphoniques, d’acheter des billets de concert ou d’avion (Raiffeisen Bank en Autriche), voire de jouer à des jeux ou encore de regarder des bandes-annonces de films.

Au milieu de cela, les interfaces de « Internet Banking » (gestion de ses comptes par internet) prennent pour la plupart un coup de vieux. Pour ne parler que de l’exemple belge, on constate que la plupart de banques opérantes sur le territoire proposent une expérience utilisateur particulièrement pauvre, avec une ergonomie (usability) défaillante et des fonctionnalités plus que limitées.

2. Répondre aux attentes de la génération Y

En plus d’être Digital Native, la génération Y apparait également comme nettement plus opportuniste. Les clients Y hésitent nettement moins à changer de banque pour profiter au mieux des meilleurs tarifs, des services les plus efficaces ou les plus pratiques. L’accessibilité « on line » est devenue un critère de choix.

Plus que tout autre, le client Y ne choisit plus sa banque par hasard ou tradition familiale. Il compare les offres, se réfère aux avis de ses pairs avant de se décider et n’hésite plus à ouvrir des comptes dans plusieurs institutions. Pour attirer et surtout pour garder ces nouveaux clients, les banques doivent particulièrement soigner leur présence en ligne.

Il ne s’agit plus seulement d’offrir des services, il faut également permettre un accès rapide et facile à l’information (SEO et architecture de contenu optimale), soigner sa réputation, engager le dialogue sur la plateforme où se trouve l’interlocuteur et surtout être « agile », toujours prêt à s’adapter rapidement aux nouvelles attentes des clients et prospects.

3. Toujours plus de flexibilité

Le banquier doit être accessible, dans tous les sens du terme et par un maximum de canaux. A côté des horaires élargis, des rendez-vous au sein de l’entreprise ou au domicile des clients /prospects, il faut rendre accessible la connaissance et l’expertise.

On ne peut plus accepter (lisez : le consommateur n’admet plus) que les experts ou les preneurs de décisions soient « au siège » et que les conseillers locaux ne soient là que pour vendre les produits simples. Le client demande que l’expert travaille au bas de sa rue. Pour offrir cela, les banques doivent intensifier l’usage en interne des outils collaboratifs afin de propager au mieux les dernières informations et de permettre au plus vite la formation (auto-formation) de tous les conseillers.

Dans la relation client, cela se traduit également par une généralisation des outils de communication « en temps réel » tels que les sessions chat, la vidéo conférence sur IP ou sur Mobile, et même dans certains cas l’usage des réseaux sociaux. (Cf. les pages Facebook de Royal Bank of Canada et de RBS).

On peut également parler des possibilités de lier les interfaces digitales (web et mobile) avec une segmentation plus poussée des consommateurs de manière à permettre aux utilisateurs de personnaliser l’interface selon leurs centres d’intérêts. Une adaptation « Top down » est également possible. Dans ce cas, l’interface et son message seraient automatiquement adaptés au profil du client (homme, femme, jeune actif, retraité, représentant d’une collectivité, etc.)

Cette approche demande bien sûr un usage plus intensif et adéquat des web analytics, couplé avec un CRM suffisamment performant pour permettre la création de « persona » fiables.

4. Intégration de tous les canaux d’interaction

Dans tout E-commerce classique un tant soit peu intégré, il est parfaitement possible de recevoir un bon de réduction par email ou courrier classique, de faire une recherche de produit dans un catalogue en ligne (grâce à des hyperliens spécifiques ou à des code 2D), d’acheter le produit en ligne et d’en prendre livraison le même jour dans un point de vente physique puis de demander du support par téléphone, email ou session chat.

Dans le secteur bancaire, ce genre d’expérience client relève, pour le moment encore, largement de la science-fiction. Tout reste encore à faire.

Un client peut acheter des actions en ligne sans pour autant susciter la moindre réaction du conseiller en clientèle de son agence, tout comme le dépôt sur le compte courant d’une importante somme d’argent ne déclenchera que très rarement l’envoi par email d’informations sur des produits de placement. Certaines agences refusent même des opérations de type « retrait » ou achat de devises aux clients qui seraient inscrits auprès d’une autre agence du groupe. Quant aux programmes de fidélisation, ils sont inexistants ou au mieux limités à l’accumulation de points qui permettent de recevoir un essuie de plage pour 25.000 euros dépensés.

La question du « profilage » des clients se heurte certes au respect de la vie privée et au spectre du « big brother » mais si une personnalisation de la relation client-banquier apporte un bénéfice tangible au client, on peut légitimement s’attendre à un accueil favorable et à un ROI positif pour toutes les parties.

Pour aller plus loin je conseille la lecture du rapport Deloitte “Evolving Models of Retail Banking Distribution

Sur le même sujet dans le blog de Synaptic:

Volvo Téléphone maison

July 20th, 2010

Cela fait un bout de temps déjà que les humains ne sont plus les seuls à pouvoir téléphoner avec un GSM, grâce aux technologies M2M (Machine 2 Machines) il n’est plus exceptionnel qu’un distributeur automatique de boissons ou un compteur électrique envoie de lui-même des sms (texto) pour demander un réapprovisionnement ou signaler une anomalie.

En 2009 plus ou moins 15 millions de machines étaient équipées de cartes SIM et ce chiffre devrait dépasser les 100 millions pour 2015. Rien qu’en Belgique, 250.000 unités seraient déjà équipées.

Profitant de l’explosion de ce marché, Volvo rappelle que cela fait 10 ans maintenant qu’il propose son système « OnCall » ; Un GPS embarqué, équipé d’une carte SIM capable d’alerter automatiquement les secours et de fournir la geo localisation du véhicule en cas d’accident grave (déclenchement des airbags et des prétensioneurs des ceintures de sécurité).

Pour fêter cet anniversaire et pour gagner des parts de marché avant 2014 – moment ou l’Europe devrait rendre les systèmes d’assistance automatique obligatoires sur toutes les nouvelles voitures – Volvo fait évoluer son système en le dotant désormais de fonctions d’arrêt à distance du moteur et blocage des portières en cas de vol.

L’avenir nous dira si les voitures seront aussi un jour toutes automatiquement connectées à Foursquare. Comme cela si on se fait voler sa voiture, le monde entier pourra suivre la trace des voleurs en direct sur Facebook, on pourra même faire des propositions de rachat du véhicule en temps réel sur Ebay Mobile.

LiveEveryLitre, le road trip 2.0 selon HONDA

July 19th, 2010

CRZLe 21 juillet prochain à 21h00 (GMT+2) aura lieu sur www.liveeverylitre.com la projection en première mondiale du road trip documentaire « Live Every Litres » (en abrégé « LeL ») que Honda présente comme le premier « Documentaire initié par les internautes et les médias sociaux» (crowd-sourced, social media activated, documentary film) .

« LEL » est une initiative du géant Honda, qui pour promouvoir le lancement de son nouveau coupé Hybride CR-Z a demandé à des amateurs de toute l’Europe de décrire leur vision du voyage de leurs rêves. La notion de voyage étant ici à prendre au sens « d’expérience » plus que de déplacement ou de distance.

Les 13 meilleures histoires ont été sélectionnées par une équipe pan européenne de bloggeurs aidés par le réalisateur Suisse Claudio Von Planta. Von Planta qui s’était déjà illustré dans le monde du Road Trip en réalisant le documentaire « Long Way Round » sur le tour du monde à moto de l’acteur Ewan Mc Gregor a ensuite réalisé 13 courts métrages mettant en scène les sélectionnés, leurs histoires et leur bande sonore. C’est le montage de ces 13 histoires qui forme le film Live Every Litre qui sera visible à partir du 21 juillet. La bande annonce est déjà disponibles sur le site LiveEverylitre.

Le projet est plutôt bien ficelé, Honda semble avoir mis les moyens. Pour réaliser le film bien sur, mais également pour tenter créer le « buzz » autours du projet ; site web, compte Twitter multilingue, Blog , Fan Page Facebook , Youtube sans oublier les communiqués officiels dans la presse auto et vers les blogs dédiés au Marketing et à Internet.

Il faut pourtant croire que le message a eu un peu de mal à passer, car bien qu’ici chez Synaptic nous soyons particulièrement intéressé par tout ce qui touche au E-marketing dans le secteur automobile et que nous scrutions en permanence ce qui se passe sur les médias sociaux, nous n’avons eu vent de cette initiative que via le communiqué de presse officiel de Honda (en anglais et par définition à diffusion restreinte).

Un coup d’œil aux 3 comptes twitter (Fr, IT et Uk) permet d’ailleurs se rendre compte que seulement 332 personnes au total suivent les tweets (peu nombreux) de l’opération. Quand à la page Facebook, elle rassemble 1.328 « fans » ce qui n’est tout de même pas énorme pour une campagne Pan européenne ou selon Honda plus de 1 .000 personnes ont demandées à faire partie du documentaire. Sur Youtube il y a bien une 50aine de films, mais si certains comptent un peu plus de 20.000 vues, la plupart ne dépassent pas la barre des 1.000 vues.

Au final on peut dire que la campagne Live Every Litre est une belle initiative de type « Brand Awarness », plus aboutie et plus élaborée que ce que l’on a l’habitude de voir dans le domaine. Malheureusement la transformation n’est que partiellement réussie faute d’une couverture médiatique suffisante. Un tel projet aurait largement mérité une communication « off line » plus conséquente quand à la communication digitale elle aurait gagné à s’ouvrir d’avantage aux blogs non spécialisés dans le marketing ou l’automobile pour toucher par exemple les domaines du voyage ou de l’actualité généraliste.